11 juin 2008
Gorillaz - Demon Days
TRACKLIST
Intro
Last Living Souls
Kids With Guns
O Green World
Dirty Harry
Feel Good Inc.
El Mañana
Every Planet We
Reach Is Dead
November Has Come
All Alone
White Light
Dare
Fire Coming Out Of
The Monkey’s Head
Don’t Get Lost
In Heaven
Demon Days
Découvrez Gorillaz!
Damon Albarn est prodigieusement indécent. Tout ce qu'il tente semble réussir comme par magie. Un Midas des temps modernes, les cotés négatifs en moins, en quelque sorte. Ainsi, après Blur, c'est entre autres avec le groupe conceptuel Gorillaz qu'il sévit, ici épaulé de DangerMouse (Grey Album), depuis 2001, et l'album éponyme « Gorillaz ». Ce premier album, largement encensé par la critique, à provoqué une grande attente du public, et ce n'est que quatre ans plus tard, en 2005, qu 'Albarn et son groupe fictif remettent ça avec « Demon Days ».
Gorillaz version 1.0
Ce second opus, composé d'une quinzaine de titre, semble plus complet encore que le précédent. Albarn parvient à composer des morceaux pop ou rock ou electro, parfois teintés de rap, sans que cela ne fasse tâche. Ainsi, «Last Living Souls » au couplets electro et rock, soutenu par une section de cordes, est contrasté par un pont plus pop que jamais, mené par la chant du leader de Blur. Un pont mélancolique qui s'oppose avec la rudesse des couplets, assenant quasi-machinalement : « are we the last living souls? ».
« O green World » est marqué par une production travaillée. Ainsi les guitares superposées flirtent avec le beat simpliste, les choeurs pop, et la voix sabotée d'Albarn. Un superbe effet spécial numérique précède une autre facette du morceau qui voit arriver un instrumental electro-hop, avant que le chant ne reprenne sa place.
Gorillaz Version 2.0 est énorme
Il serait bien sur trop fastidieux et inutile de faire ici un catalogue de tous les titres de cet album, mais force est de constater qu'ils ont tous leur petit lot de réjouissances. Ainsi, sur le tube intersidéral « Feel Good Inc. » les couplets rappés font échos aux refrains pop, le tout mené par une batterie binaire à souhait et une ligne de basse imparable. Sur « All Alone », c'est Roots Manuva qui arrive avec son flow unique : lent et hypnotisant, qui semble dire «installez vous et écoutez moi ». Pour continuer dans les invitations, c'est l'increvable Ike Turner qui vient tâter du piano sur « Every Planet We Reached Is Dead ». Pis encore, l'homme masqué, MF Doom, intervient par un rap tranquille et efficace sur les couplets de « November has come ».
On retrouve aussi quelques titres furieusement incandescents sur cet album, ou plutôt un en particulier. Ainsi « White Light » fait figure d'electro-punk inédit. On remarque tout de même que Damon Albarn repousse les frontières musicales avec talent pour se permettre quelques associations pouvant laisser dubitatif de prime abord. De la sorte, Gorillaz nous propose un tube dark & disco-pop, avec « Dare », sur lequel Dennis Hopper récite les lyrics avec un phrasé à la fois léger et plombant.
Mais finalement, qui pourrait vraiment dire ce qu'est Demon Days, après écoute totale de cet album aussi novateur qu'étonnant? On a peut-être plus à faire à un Damon's Day lorsqu'on repense à toutes ces idées mises en musique : Que ce soit sur Feel Good Inc., Dare, November has come, ou même sur les douze autres pièces de cet album, Damon albarn travaille tel un orfèvre fantasque, s'évertuant à créer avec brio des associations plus improbables les unes que les autres. S'entourant des meilleurs dans leur domaine (MF Doom, Roots Manuva, DangerMouse, De La Soul), le charismatique et génial leader de Blur met son talent au service d'un album d'ores et déjà historique.
Si cet album évoque avec mélancolie un monde malade dans ses textes, ce n'est même pas encore le point le plus remarquable ici. Il n'est pas non plus franchement de première importance de se demander si cet album est très bon ou s'il est excellent, mais il faut surtout évoquer le caractère aussi novateur qu'intemporel de cet opus qui restera à coup sûr comme une référence de premier plan pour la culture musicale. En leur temps, les Beatles avaient réussi à être les référents de la pop song. Mais il ne faut pas avoir peur de dire que Damon Albarn vient de réussir, en confirmant avec ce second album, une performance, au moins égale et aussi essentielle sur le plan musical et sonore. Il est bien évident que se prononcer de la sorte, et avec un recul de quelques années seulement est très aventureux, j'en conviens, mais force est de constater l'évidence. Récemment, Albarn avait déçu avec « The Bad, The Good and The Queen », pour une raison simple : passer de Gorillaz à autre chose, c'est un peu comme sauter d'un avion sans parachute.
Par Womanos
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=470682&pid=9529069
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :



