06 octobre 2008
Robert Wyatt – Rock Bottom
TRACKLIST
1. Sea Song
2.
Last Straw
3. Little
Red Riding Hood Hit The Road
4.
Alifib
5.
Alifie
6. Little Red
Robin Hood Hit The Road
Je n'ai pas pour habitude de chroniquer
de très vieux (même si tout est relatif) albums, parce
que d'autres l'ont fait bien mieux que moi auparavant. Mais quelques
fois, je ne peux pas m'empêcher d'évoquer tel ou tel
artiste. Ça a été le cas avec Jimi Hendrix et
Electric Ladyland ; Et c'est aussi le cas ici, avec cet album de
Robert Wyatt : « Rock Bottom ».
Avant de passer à l'écoute
à proprement parler de cet opus, il convient de remettre la
genèse de cet opus dans son contexte. Après une chute
de quatre étages, Wyatt se retrouve à l'hôpital.
Paralysé des deux jambes, c'est au cours de cette période
qu'il compose, à l'aide de son piteux Bontempi, cet album
solo. L'ancien batteur des Soft Machine perpétue la sordide
légende rock selon laquelle des pires tragédies
émergent les plus beaux albums.
Parce qu'en effet, « Rock
Bottom » est un très bel album. Les nappes sonores
sous-marines de « Sea Song » font écho
au chant aérien et haut perché de Robert Wyatt. Six
morceaux en tout composent cette oeuvre. Et les six provoquent une
sorte de réaction épidermique. Sans même
connaître les circonstances extra-musicales de la création
du disque, on sait que le musicien a quelque chose à dire, et
que son talent de composition hors du commun est mis à la
dispositions de titres étranges, tels que « A last
Straw » et sa descente en sous-sol lente et alambiquée.
Le rock est présent, mais pas tant que cela au final. Les
cuivres qui agissent comme des chocs electriques viennent raviver les
états de végétation, de marasme et de sensation
de ne plus pouvoir avancer (« Little Red Riding Hood Hit
The Road »).
« Little Red Riding Hood Hit
The Road » est justement un morceau décomposé
en deux parties. La première partie correspond au titre numéro
trois de l'album, tandis que la seconde partie, sixième et
dernier titre de l'album, se dessine en conclusion de classe absolue.
La rythmique quasiment militaire au début du morceau, massée,
puis remplacée par des textures sonores très hautes,
sorties de claviers malades et de guitares déprimées,
se muent en mélodie teintées d'une hauteur
psychédélique et d'un spleen à semi-palpable. Le
« White Rabbit » du Jefferson Airplanes dérangé
par beaucoup plus malicieux que lui en somme. Un morceau aussi, ou
les sonorités se répondent, les différents
mouvements se succèdent naturellement.
« Rock Bottom » reste un grand album des années 1970. Sorti en 1974, A contre-courant d'une vague musicale très axée sur la guitare, le rock furieux, Robert Wyatt se pose et s'impose en dandy aussi bien désabusé que lumineux, aussi triste qu'heureux. Cet album est tout simplement beau ; et il effleure le jazz ça-et-là, et flirte à maintes reprises avec l'ambient pour au final donner une impression des plus bizarres : une sorte de neurasthénie lumineuse.
Par Womanos
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=470682&pid=10853874
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :

