30 mai 2008
Présentation
ATTENTION !
Le MangeDisque est mort. Vive sa Cave !
En bref, un nouveau départ, plus clair, plus sobre, ailleurs.
Rejoignez la Cave.
Présentation !
Depuis quelques mois déjà, l'idée nous était venue de créer un webzine/blog/forum qui traiterait en grande partie de la musique sous (presque) toutes ses formes. Nous ne savions alors pas encore sur quel type de support internetistique allait être créé notre « webzine », mais ce que nous savions déjà, était que la mise en place d'une plateforme comme celle-ci, et aussi modeste soit-elle, n'allait pas être aisé. Cependant, et après quelques temps d'hésitation et de tentative de motivation, nous voici !
Notre démarche n'est pas celle de chroniquer les dernières sorties musicales, et de rendre compte de l'actualité, mais plutôt de chroniquer la musique qui nous plaît. Le plaisir sera le maître mot de ce lieu, auquel nous associerons volontiers le mot « découverte » : Rechercher et chroniquer des albums qui ne bénéficient que de très peu de couverture médiatique feront partie intégrante de nos motivations, mais nous ne nous empêcherons pas non plus de traiter de groupes plus exposés. Ne vous étonnez donc pas, si au détour d'une page, vous croyez voir un papier sur Radiohead, ou les White Stripes. Ainsi vous trouverez aussi bien des chroniques d'album presque cinquantenaires que celles de « nouveau-nés » ! Ceci est un parti pris de la rédaction : Aucun style musical, pas plus qu'une période en particulier ne sont d'office exclus de notre humble demeure, mais la rédaction se réserve le droit de ne pas chroniquer des albums qui ne leur conviennent pas. Cela ne veut pas dire que tous les albums proposés ici auront des critiques dithyrambiques, loin de là. Notre démarche est avant tout de proposer à nos (quelques) lecteurs, des artistes qui semblent être dignes d'intérêt, tout en y trouvant notre compte (le plaisir d'écrire et de faire partager ses artistes favoris ou ses plus grandes déceptions). En revanche, un artiste intéressant n'aura pas forcement une chronique totalement positive : la sensibilité musicale de l'auteur, et la qualité objective de l'album entreront évidemment en compte dans l'évaluation de l'album. Enfin, et dans la mesure du possible, nous essaierons de varier au maximum les articles que nous mettrons en ligne, en proposant notamment des reviews de concert, des interviews ou encore des dossiers sur des sujets divers et variés.
Au sein de la rédaction, l'éclectisme est de mise, et nous espérons que cette relative ouverture et diversité saura faire l'authenticité et la qualité de ce webzine. Le hip-hop, le rock, le jazz, l'electro, le metal, et tous les autres styles musicaux auront leur place, et notre projet, en tant que passionnés de musique, sera de proposer une lecture globale de celle-ci, et non cloisonnée. Bien sûr, ici, chacun saura défendre ses préférences, ce qui est tout à fait naturel, mais l'addition des connaissances et des sensibilités musicales de chacun donnera, nous l'espérons, un résultat intéressant.
L'équipe de Mange-Disque.
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Nouveau : A lire, "l'antichronique moralisatrice, gratuite et pompeuse de Womanos !
- Chapitre I , Le Rap en France : La Mascarade?
- Chapitre II , La Nouvelle scène française : Tout un programme !
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Why? - Elephant eyelash (2005, Anticon)
TRACKLIST
1.Crushed Bones
2.Yo Yo Bye Bye
3.Rubber Traits
4.Hoofs, The
5.Fall Saddles
6.Gemini (Birthday
Song)
7.Waterfalls
8.Sanddollars
9.Speech Bubbles
10.Whispers Into
The Others
11.Act Five
12.Light Leaves
Why? - de son véritable nom Jonathan Yoni Wolf- est l'un des membres du très expérimental label hip-hop américain Anticon, fondé en 1998. Après avoir sévit au sein de Clouddead (également composé de Dose One et Odd Nosdam), et alors qu'il batifole ça et là, au sein d'Hymie's Basement (avec Fog), ou avec Odd Nosdam toujours, que ce soit pour un Split Ep, et encore au sein du side-side-side project (Greenthink), Yoni Wolf Poursuit son chemin en solo, ou presque, au sein de son groupe, sobrement appelé « Why? ».
Après nous avoir gratifié d'un très prometteur quoique légèrement brouillon « Oaklandazulasylum » en 2003, et de plusieurs EP (Rubber Traits, Sanddollars, ou encore The Early Whitney), Why? Sort en 2005 son deuxième album solo : Elephant Eyelash.
Après une première écoute, plusieurs éléments de l'album interpellent nos petites oreilles (enfin les miennes) : Nous voici ici devant un album très homogène, plutôt éloigné, de prime abord, du fouillis généralisé fréquent avec Y.Wolf, et de ses pistes de moins de deux minutes. Ici, tous les morceaux ont un format très classique, très pop, et nous voici justement là ou je voulais en venir : plus les albums passent, et plus Why? Se détache d'un hip-hop brut, pour se diriger vers un son plus pop, plus folk, même si, des réminiscences hip-hop subsistent toujours dans son flow.
Mais cette pop apparente n'en a en réalité que le format. Why? s'approprie un format classique de la musique contemporaine, et bricole, trifouille, farfouille, tripatouille et triture le squelette de ses morceaux pour les rendre hybrides et uniques. Ici, le bricolage n'est plus au premier plan comme il le fut par le passé, il est caché, de telle sorte qu'on ne le remarque qu'à peine.
Pour autant, on ne peut pas dire que ce tournant vers une soif de mélodies soit totalement récent, puisque on se souvient déjà vaguement de cela sur le second album de Clouddead et plus clairement sur l'(excellent) album d'Hymie's Basement. En tout cas, le californien Signe ici une douzaine de morceaux de très grande qualité, en naviguant entre petits joyaux pop (on pense notamment au magnifique « Yo Yo Bye Bye » ou bien à « Gemini (Birthday Song) », pièce écrite au piano, mélodie aussi popesque (c'est moche) que novatrice), et légers retours vers un flow rappé, comme sur le premier morceau de l'album (Crushed Bones), peut-être pour ne pas trop dérouter l'auditeur.
Au cœur de cet album, et en travers les morceaux, on retrouve une dualité, entre naïveté tout droit sortie de l'enfance, et fonds sonores parfois légèrement inquiétants, ce qui apporte à cet album un dimension supplémentaire. Le chant presque faux parfois (mais jamais mauvais), de temps en temps murmuré, et le flow qui semble désespérément courir après le tempo font aussi de cet album une œuvre touchante. Alors que chez d'autres ces quelques points pourraient indiscutablement irriter l'auditoire, Why? Parvient à en faire des atouts qui rendent son chant novateur et agréable.
Au sein du label Anticon, on était habitué aux nombreuses galettes abstract hip-hop, souvent sombres, et qui pouvaient même à la longue, lasser, tant on ne parvenait plus à comprendre (s'il y avait quelque chose à comprendre) tous ces bidouillages primaires, redondants. Avec Elephant Eyelash, Why? sort non seulement le meilleur album de l'année 2005 grâce à une œuvre à contre courant de son label, et a des morceaux aussi classieux que novateurs, mais il offre une ouverture au label Anticon, ainsi qu'à la musique populaire en général, en proposant une véritable alternative à une pop sans saveur, et en proposant un démarche musicale indéniable. Certains diront sans doute que mon enthousiasme n'est pas objectif, mais lorsqu'on écoute cet album, il n'est plus question d'objectivité ou de je ne sais quoi : on l'écoute, et on se tait !
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Le Label de Why? :
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A voir également sur Mange disque : Why? "Alopecia", Hymie's Basement "Hymie's Basement
Supergrass – I Should Coco
TRACKLIST
1. I'd Like To Know
2. Caught By The Fuzz
3. Mansize Rooster
4. Alright
5. Lose It
6. Lenny
7. Strange Ones
8. Sitting Up Straight
9. She's So Loose
10. We're Not Supposed To
11. Time
12. Sofa (Of My Lethargy)
13. Time To Go
Supergrass, est un groupe de britpop formé au début des années 1990 dans la région d'Oxford, Angleterre. Jusque là, rien d'extraordinaire, hormis un petit groupe de jeunes anglais qui veulent faire de la musique. Donc oui, rien d'extraordinaire, si ce n'est que je ne sais absolument pas quoi dire en introduction.
Bon bref, après quelques concerts, il se font repérer par un producteur, et hop, le tour est joué, « I Should Coco » (1995), va sortir (sur Parlophone), et bien que personne ne le sache encore à cette époque, c'est une très très bonne nouvelle. L'album, composé de 13 morceaux est régulier en qualité. Là ou d'autres sont constants dans la médiocrité, Supergrass parvient sur ce premier album, à proposer treize morceaux entre pop, rock et punk même, d'une grande qualité pour chacun, bien que tout cela soit relatif : certains reprocheront sans doute au groupe de proposer des compositions trop « évidentes » et un peu trop simples peut-être. Mais, en ce qui me concerne, c'est cette simplicité et cette grande efficacité qui me fait apprécier « I Should Coco ».
Ce qui fait l'originalité de ce disque, c'est qu'on a l'impression d'avoir à faire à un « Greatest Hits » de Supergrass, alors qu'il ne s'agit que d'une première production. En effet, tous les titres, sans exception, sont des tubes en puissance, mais cette remarque n'est ici pas du tout péjorative : Il n'y a tout simplement pas de bas dans cet album et les pièces se suivent et ne se ressemblent pas sans que cela ne choque, lorsqu'on passe d'un morceau à un autre. Outre le fameux « Alright », on notera notamment les morceaux « Caught by the Fuzz » (Personnellement, c'est ce morceau que je cite en premier lorsque qu'on me parle de « I should Coco » parce que c'est celui qui vraiment m'a le plus marqué, notamment en raison de la composition, mais aussi de la mélodie du chant, évidente et géniale à la fois. C'est aussi ce morceau qui sort sur le label Backbeat Records en 1994, et qui fait office de premier véritable single du groupe) et autres dont l'intensité musicale ne peut être freinée par quoi que ce soit. On retrouve enfin en conclusion de l'album, un titre court, « Time to Go », petite chanson d'au revoir qui vient conclure cette première réalisation.
Avec une légèreté adolescente (« Alright »), ou des morceaux plus électriques, Supergrass tangue entre guimauve et ridicule, entre punk et pop, entre insignifiance et classe, ce qui offre le choix à l'auditeur d'aborder « I should Coco » comme une blague pathétique et un hymne au cliché, ou au contraire, comme un album adolescent entre légèreté et urgence. J'opterais plus volontiers pour la seconde option, en ajoutant que malgré l'empreinte définitivement juvénile de cet album, on y trouve cependant, une certaine maturité de composition (écouter « I'd like to Know »).
Par Womanos
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Sparklehorse – Vivadixiesubmarinetransmissionplot
TRACKLIST
1. Homecoming Queen
2. Weird
Sisters
3. 850 Double Pumper Holley
4. Rainmaker
5. Spirit
Ditch
6. Tears On Fresh Fruit
7. Saturday
8. Cow
9.
Little Bastard Choo Choo
10. Hammering The Cramps
11. The Most
Beautiful Widow In Town
12. Heart Of Darkness
13. Ballad
14.
Someday I Will Treat You Good
15. Sad & Beautiful World
16.
Gasoline Horseys
Mark Linkous, le frontman de Sparklehorse, est un de ces personnages atypiques et attachants dans le petit monde de la musique. Si depuis bien longtemps, il reste cloîtré dans sa ferme de virginie avec femme et animaux, il n'en est pas pour autant un rustre campagnard. Il est plutôt de ces artistes un peu torturés et qui trouvent l'inspiration dans leur propre expérience. Je suis tout à fait conscient du superbe cliché que je vous impose, et j'en suis navré, mais force est de constater, que concernant Linkous, et comme cela serait le cas pour Everett (Eels), la musique de Sparklehorse, est étroitement liée à certains événements de la vie du leader du groupe, tels que son overdose d'antidépresseurs, sa mort clinique de quatre minutes, et son séjour d'un an en fauteuil roulant en bonus. Ces événements sont arrivés après le premier album, Vivadixiesubmarinetransmissionplot (1995), que je chronique en ce moment même.
Ce premier opus sort en Septembre 1995 sur le label Parlophone. La toute nouvelle formation nous sert une oeuvre entre pop et rock, parfois fragile et enivrante, parfois furieusement électrique. Ainsi, entre quelques petites ballades nuageuses telles que « Homecoming Queen » ou encore « Spirit Ditch », Linkous et son groupe changent de visage pour se transformer en rocker branchés sur Mésa-Boogie et autres Marshall, notamment sur des morceaux tels que « Tears on a Fresh Fruit », ou « Someday I will treat you good ». Sparklehorse sait aussi, sur « Ballad of a Cold Lost Marble » faire d'autres propositions : un morceau très saccadé, syncopé, sorte d'antithèse avec le reste de l'album, très mélodique. Le groupe s'accorde aussi quelques fantaisies bien venues. Il introduit des bruits étranges, comme par exemple, des sons de cassettes rembobinées ou encore des musiques de carrousels de fêtes foraines. On notera par ailleurs la présence de divers instruments, tels que le banjo sur « Cows » (Linkous admire la musique de J.Cash et des Stanley Brothers). La voix de Linkous quant à elle semble avoir été bricolée par un chirurgien plus mécano qu'autre chose. Elle est enrouée sans être grave, et le chanteur se contente parfois de chuchoter.
Un album assez hétérogène de fait. Linkous semble vouloir embrouiller l'auditeur : A peine à-t-il fini de prouver son attachement à la pop acoustique, qu'il nous embarque dans un morceau de rock dans la tradition indie. Petit à petit, Sparklehorse feint de dévoiler son univers en embarquant l'auditeur dans une direction, avant un virage à 180 degrés. Les masques tombent, permutent, s'échangent et on se dit que la pochette de l'album n'est pas anodine : ce masque de clown inquiétant sert tant à décontenancer qu'a expliquer ce que fait Sparklehorse. A la fin de « Gasoline Horseys », dernier morceau de Vivadixiesubmarinetransmissionplot, l'auditeur peut se dire que se Linkous l'a bien eu et ne lui as pas dévoilé ce qu'était le credo de ce groupe. Au contraire, le chanteur donne la clef pour comprendre cet album : Spaklehorse n'est pas un groupe d'artisans de pop-songs brumeuses et/ou lumineuses. Ce n'est pas non plus un groupe de rock. Ce n'est enfin pas une formation pop-rock. Sparklehorse est tout ça à la fois.
Aussi à l'aise sur une ballade sous lexomil que sur un rock bancal, le groupe offre, dès ce premier album un visage aux multiples facettes, et si les masques sont tombés, Sparklehorse n'a néanmoins pas encore tout montré (« Good Mornin Spiders » et surtout « It's a wonderful Life » en 2001). Vivadixiesubmarinetransmissionplot est un de ces disques qu'on écoute sans rechigner. On peut être étonné de la diversité proposée, séduit par la voix de Linkous, et enchanté par les compositions. Si ça ne tenait qu'à moi, je dirais, dans un élan de totalitarisme épique, que l'on doit aimer cet album. Mais sache une chose, si tu n'as jamais écouté cet album, et que tu te décides à le faire, ben tes oreilles elles vont trouver ça sensass' moi j'te l'dis !
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Saïan Supa Crew – X Raisons (2001, Source)
TRACKLIST
Intro
Ils Etaient Une Fois
19 20 Ans
Polices
Maladie
Interlude
Du 14 02 2002
Voodoo Child
J'Entends Dire
La Derniere Seance
Au Nom De Quoi
Soldat 1
Soldat 2
A Demi Nue
Mohammed Et Sebastien
J'Avais
Tourner La Page
Mitaw Tao
A Co'Mow
Le Chanteur Fou
X Raisons
Découvrez Saïan Supa Crew!
X raisons (nottons à titre d'information que cet album a été désigné album rap de l'année par les victoire de la musique, ce qui n'est, ma foi, pas forcement une référence) est le second album du crew francilien (composé originellement de trois groupes, Explicit Samouraï, OFX et Simple Spirit) et sans doute le meilleur. Apres KLR en 1999, et avant « Hold up »en 2005, l'album X Raisons sort en octobre 2001. Le Saian Supa Crew, connu a ses debuts par un single « Angela » peu représentatif de la qualité réelle dont peut faire preuve ce crew, poursuit par ailleurs son chemin par des side-projects de qualité plus (OFX) ou moins (Sir Samuel) bonnes.
A l'époque de X raisons, Specta et Leeroy n'ont pas encore quitté le navire, et leur présence sur certains morceaux sont remarquables. Cet album commence par une introduction dans laquelle on peut entendre le dialogue suivant : « Qu'est ce qu'ils ont osé mettre la d'ssus? »/ « tout ce qui n'était pas assez bon pour le premier ». Le ton est donné, le saïan supa Crew n'est pas de ces groupes premier degré. Cependant, après l'écoute de cet album, on ne peut pas non plus parler d'un groupe de rigolos. Les cinq Mcs ( + Sir Samuel) sont véritablement des rappeurs de qualité, et chacun d'entre eux a un flow unique, et appréciable par ailleurs.
La production est par ailleurs de grande qualité (même si j'ai quelques réserves ça et là, comme sur l'intro de « J'avais » qui me dérange.). En effet, plutôt que d'utiliser de simples boucles primaires, le groupe nous propose une construction instrumentale plutôt intéressante : un beat souvent puissant, la présence d'instruments comme le piano ou la guitare, et surtout le collage de plusieurs sons (beatbox, samples, etc.) pour former un ensemble complexe sans pour autant être approximatif. Les interludes font leur apparition sur cet album, elles n'ont rien de spécialement remarquable, mais ne sont pas dérangeantes non plus.
Certains morceaux sortent particulièrement du lot, par leur qualité intrinsèque ou part leur concept. Le titre le plus conceptuel de l'album est sans aucun doute « 14.02.2002 », dans lequel les couplets suivent un ordre chronologique inversé à la manière du film Irréversible par exemple : le morceau, sans en dévoiler le contenu, est sans doute le plus sombre de X Raisons, et le refrain, composé d'une succession d'éléments sonores différents ( chant de Samuel, sample, etc.), est incontestablement une réussite. Ici, le chant de Sir Samuel ne me dérange même pas, c'est pour dire.
D'autres morceaux, comme Au nom de quoi qui nous assène une succession de flows sans aucune pitié, le morceau « polices » qui traite certes d'un sujet classique mais avec une efficacité assez mémorable (on retiendra la fin du couplet de Vicelow a capela, ou la voix off du Monsieur de NRJ – trop classieux !) ou encore « Voodoo Child », reprise du célèbre morceau d'Hendrix entièrement sous forme de beatbox, contribuent à la qualité de cet album. Je ne pouvais par ailleurs pas conclure ce paragraphe sans dire à nouveau, au risque de paraître redondant, la qualité des flows des MC, et plus particulierement Leeroy et Vicelow, mais aussi Specta qui apportait indéniablement une touche glauque et sombre aux morceaux du Saian.
Cependant, certains aspects de cet opus peuvent déranger. Au dela de l'album, d'abord, la voix de Samuel a tendance a m'exaspérer, mais il ne s'agit là que d'un jugement personnel (bien que partagé par quelques uns d'apres mes conversations sur le sujet). En outre, certains morceau sont largement en deçà du niveau général de ce deuxième opus (je pense notamment à « A demi Nue »). Ces quelques points négatifs sont cependant largement compensés par le reste de l'album qui est à la fois plus abouti que KLR et plus brut qu'un Hold Up décevant.
Pour conclure cette chronique, je dirais que pour X raisons, cet album du saian supa crew est leur meilleur, et depuis le depart de Specta et Leeroy, il n'y a semble-t-il, plus grand chose à attendre du crew. Il faudra désormais se tourner vers Vicelow en solo aka Bluebabine, OFX, si le groupe existe toujours, et Leeroy qui a sorti un très bon album quasi-instrumental (Bollywood Trip), deux mixtapes prometteuses, avant un premier album solo (Open Bar) décevant. Rien a attendre en revanche de Sir Samuel (Vizé Pli O), et malheureusement pas beaucoup plus de Féfé (très déçu qu'il ai participé à un morceau avec une chanteuse de RnB français) à moins qu'OFX ne soit pas qu'un bon souvenir. L'avenir de Sly, enfin, est incertain, et à moins de proposer quelque chose d'original, il aura sans doute du mal a exister en dehors de Crew (on l'a vu aux cotés de la chanteuse Camille, ce qui tend à confirmer son incapacité à exister artistiquement par lui même , et sa dépendance à des formations musicales).
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OFX – Roots (Source, 2004)
TRACKLIST
01 Viens
02
Lagos
03 France
04 Mon Histoire
05 Yellow Mo'Mo
06
Afrique Je T'Aime
07 Je Rap (feat. Sly)
08 Les Soeurs J
09
Lady
10 Là Où (feat. Sir Samuel)
11 "Jeunes
Loups"
12 Jeunes Loups
13 Lève
14 Courbez
L'échine
15 Ailleurs
16 Black Rock (feat. M)
17 Oh
Yes
18 Berceuse (feat. Ayo)
19 Trop Tard, Trop Vite...
Découvrez OFX!
OFX est l'un des nombreux side-projects du groupe de rap français Saian Supa Crew. Composé de Feniksi et Vicelow, il sort donc en 2004, son premier album chez Source. « Roots » est un condensé du meilleur du SSC : instrus soignées et efficaces, textes drôle ou incisifs, et surtout, deux des meilleurs flow du Crew.
« Roots », donne donc un dénominateur commun aux pièces que composent cet album. Les racines sont ici à la fois africaines et françaises, et cette dualité se ressent au fil des morceaux, et jusque dans les interludes (« Afrique je t'Aime »). Autre dénominateur commun à ces morceaux, la production de l'album, avec une utilisation d'instruments très fréquentes qui confirment le talent de production de Feniksi. Des Instruments « classiques » (la flûte, le haubois), ou moins, comme la guitare électrique de M sur « Black Rock ». On notera par ailleurs que les groupes de rap français semblent aimer inviter des guitaristes sur quelques uns de leurs morceaux : -M- pour OFX, et pour les tournées de NTM, ou encore Serge Teyssot-Gay sur le morceau de la Rumeur : « Je Suis une Bande Ethnique à moi tout seul ».
Le premier titre « Viens », fait entrer d'office l'auditeur dans l'album. Une instru lourde, quoiqu'etouffée pendant les couplets, un rap rapide et vigoureux : « Viens, c'est OFX on t'emmène ! ». On remarque dès ce premier titre les deux flows aussi singuliers qu'efficaces du Saian Supa Crew. Arrive ensuite le titre « Lagos », qui suit sympathiquement un cheminement sonore très « Afro », sans pour autant, je vous rassure, qu'OFX ne se métamorphose en Amadou Et Maryam ! ,
« France », tranche étrangement avec le reste de l'album. Certes, ce titre, exercice de style rapistique souvent difficile à aborder sans sombrer dans un vilain cliché pas beau, est réussi, mais le son est en rupture avec celui des autres morceaux, qui constituent quand à eux, un ensemble homogène. En fait, ce titre, bien qu'intéressant, ne trouve pas véritablement sa place dans un embriquement de pièces savamment orchestré. La raison de cette mise au ban inconsciente de l'album est sans doute plus l'utilisation de tels ou tels instruments, mais le flow aussi, que le sujet, puisque d'autres morceaux « conscients », tels que « Mon Histoire », s'incorporent bien mieux à l'entité qu'est cet album, sans doute grâce à un son plus en phase avec l'intégralité du projet.
« Les Soeurs J » est sans doute le titre le plus comique de l'album : une petite histoire, celles de deux jumelles qui sont en fait, deux jumeaux. Morceau très réussi, refrain sympathique, et n'allons pas chercher le mal partout, il n'y a sans doute pas ici de propos discriminatoires ou je ne sais quoi, mais juste quelques minutes musicales bien sympathiques.
D'autres morceaux méritent plus ou moins d'attention (souvent plus que moins), comme la « Berceuse », rap très tranquille posé sur une guitare sèche et complété par un refrain chanté par Ayo, ou encore le « Black Rock » plutôt efficace, mais aussi la présence d'un morceau caché, « Seul », qui mériterait vraiment une piste à part entière. Le morceau caché commence par une liste de rappeurs, et dresse un portrait du rap actuel : « peu de groupes cités dans l'intro me font kiffer grave » affirme Vicelow, et Feniksi de rajouter un peu plus loin : « Si ce que la majorité fait c'est du bon rap plutôt me pendre » avant d'expliquer qu'un Booba ça va, mais que mille booba ça va pas (c'est pas une citation, mais c'est ça dans l'idée.) !
En fait « Roots » est véritablement un bon album, et les deux MCs d'OFX (Vicelow et Feniksi) parviennent à proposer un ensemble plutôt homogène, très travaillé, et original à la fois, qui leur permet de se démarquer du SSC, tout en ne coupant pas le lien, et surtout, en proposant un projet musical intéressant. A Écouter sans modération.
Par Womanos
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NonStop – RoadMovie en Béquilles
TRACKLIST
01. devant ma nuque
02. ça
m’arrive
03. idiot cherche village
04. toujours du vent sur
les ponts
05. faut pas rester là
06. le vent ne
tournera jamais
07. coeur dans le dos
08. on me dit jamais
rien à moi
09. rien dans la culotte
10. s’en sortir
pour aller où ?
11. toux de chenil
12. le fils du
soldat inconnu
13. main froide
Découvrez Nonstop!
La pochette est quand même relativement bizarre.
Dérangeant, déprimant, déconcertant. Le nom de l'album de NonStop, rappeur toulousain, « Road Movie en Béquilles », annonce la couleur. Et encore, avant la première écoute, on ne s'attend certainement pas à un tel coup de massue. En 13 titres, NonStop propose une vision sombre et glauque de la vie en général. Cette vision est parfaitement retranscrite par les instrus électros grésillantes et les paroles scandées.
Sensation de crise de paranoïa pour le premier morceau, « devant ma nuque », dont le refrain exprime clairement ce ressenti :« J'suis pas dingue j'suis vigilant, quand je dors, je ronfle pas, je grince des dents ». On comprends en réalité assez rapidement que le personnage n'est pas en crise, et qu'au contraire, il décrit, avec une certaine lucidité, le monde qui l'entoure, bien que cela puisse paraître absolument absurde : « Le journal de 13 heures se termine par la naissance d'un panda, pendant c'temps là, les milliardaires poursuivent le printemps en avion ».
On ne niera pas que cet album comporte de nombreux passages absurdes ou décalés, comme sur « ça m'arrive » ou « Idiot cherche Village », néanmoins, même au cours de ces morceaux, de nombreux éclairs de lucidité se produisent : « Savoir que la France est une Mongolienne, La France est une mongolienne ! Ça me gêne ! ». La force du propos mi-surréaliste mi-lucide de NonStop sur le monde qui l'entoure est encore renforcé par un humour sombre et décalé, et le procédé qu'on pourrait qualifier d'oxymorique, entre la noirceur des propos et la manière dont ils sont abordés.
Sur « on m'dit jamais rien à moi », le toulousain énonce un certain nombre de croyances enfantines et/ou passées (« (moi j'croyais que les cunnilingus étaient des nuages »), toutes très étranges, parfois glauques, d'autres fois drôles, et souvent les deux. Il s'agit certes d'un personnage que NonStop mets en scène, mais à l'écoute de cet album, on ne peut s'empêcher de penser qu'au delà des métaphores et des figures de style en tous genres, le propos général est relativement ancré dans une réalité évidente.
« Faut pas rester là » est le morceau le plus clair concernant la partie « sociale » de cet album qu'il ne faut pas non plus négliger, puisque partie intégrante de l'album. Loin de tout positionnement politique ou idéologique, NonStop se contente de décrire avec noirceur et réalisme les dérives d'une société malade, et d'assener en milieu de morceau, ce qui pourra être considéré comme une définition très habile d'un monde tuberculeux : « Entre la farce sociale et l'porno ». Mais ceci n'est qu'une des nombreuses facettes de cet album, dans lequel le malaise généralisé est une réalité, loin d'être marginale : c'est le sens de l'album. Jamais il n'est question d'espoir ou d'autre sentiment positif, aucun répit pour l'auditeur, qui se fait même interpeller à de nombreuses reprises : « Ne Vous endormez pas sur vos barbelés ».
Sur « Toux de Chenil », antépénultième morceau, le refrain se résume à un chant inquiétant sans paroles, à une sorte de cri de fou. « La main Froide » est une conclusion d'album menée une instru qui amène l'auditeur au milieu d'une friche industrielle, et ou les monstres étranges rodent dans l'ombre. Et, sur « le fils du soldat inconnu », NonStop nous raconte son voyage, et surtout, il cite le fils du soldat inconnu : « le désert est toujours le plus fort » ; ou son père, qui est né « un peu après le début du monde ». Ce morceau, est un morceau parlé. Ni chanté, ni rappé, pas plus slamé, juste parlé. Et le récit de NonStop fait froid dans le dos.
Enfin, la musique, que j'ai déjà qualifié d'éléctro grésillante, n'est pas là qu'en second plan du chant de Nonstop. Elle agit au contraire comme une seconde voix, complémentaire de la première, et enfonce le clou rouillé en assenant des sons qui appuient là ou ça fait mal.
En treize titres, NonStop parvient à rendre malade l'auditeur, lequel, après l'écoute de l'album, et malgré avoir été malmené pendant plusieurs dizaines de minutes, ne regrette pas cette expérience, loin d'être inutile.
Par Womanos
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Klub des Loosers (Le) – Vive la vie
TRACKLIST
01. Premier
contact
02. Le manège des vanités
03. Dead
Hip-Hop
04. Avec les larmes
05. Autour d'un café
06.
Ne plus y croire
07. Toute la vérité
08.
Poussière d'enfants
09. Le rendez-vous manqué
10.
De l'amour à la haine
11. Sous le signe du V
12. Un
peu seul
13. Baise les gens
14. Peut-être un verre ?
15. Pas stable
16. Depuis que j'étais enfant
17.
Perspectives
18. Il faut qu'on parle
Découvrez Klub des Loosers!
Fuzati est très très triste.
Le Klub des Loosers, en vrai, il est composé d'un seul membre (au debut il y avait un autre gens en vrai !), et il s'agit de Fuzati, le rappeur de Versailles, comme il aime à le rappeler. En vrai, toujours, le Klub des Loosers, c'est un bon nom de scène, parce que quand même, il faut bien avouer que ce fuzati n'a pas grand chose pour lui : un flow hésitant, pas très technique, ni même puissant. Il n'a pas non plus le bénéfice d'instrus énormes, puisqu'il s'agit souvent d'un bricolage de boucles très 70's réalisées sans grand génie (même si j'avoue rester sous le choc de l'instru de « Sous le Signe du V », sans doute grace à la collaboration de JB Dunckel). Fuzati s'inspire de MF Doom, comme il le dit : Le masque, les boucles très 70's. Mais si le masque est sympathique quoique relativement anecdotique, la maîtrise des instrus n'est pas sa plus grande qualité.
Après une telle introduction, toi lecteur, tu te dis : ce garçon qui écrit des chroniques d'albums de musique n'aime pas beaucoup ce Fuzati. Mais ce n'est pas vrai ! Cet album, sorti en 2004, est vraiment bon en fait. Pour tempérer mon introduction légèrement incendiaire, je peux déjà dire que les instus du bonhomme ne sont pas si mauvaises, ou plutôt, que l'intention est bonne. Si la qualité intrinsèque du fond sonore n'est pas grandiose, l'idée d'utiliser ce genre de son tranche avec la production que l'on a l'habitude de croiser dans le milieu du rap français.
Pour la partie instrumentale de l'album, c'est fait. Il convient donc maintenant de s'attaquer au gros morceau de « Vive la Vie », à savoir tout ce qui se rapporte aux paroles de Fuzati. Aussi bien l'écriture en elle même que le ton utilisé pour les déclamer. La voix du MC (on lui accorde) est geignarde, plaintive, nasillarde, mais bizarrement, relativement agréable, et surtout tout à fait en accord avec le thème de cet album : la vie d'un jeune versaillais misanthrope, dépressif, et amateur de rap. Oui je sais bien, voilà quoi.
L'ironie est quasi-omniprésente dans cet album et Fuzati y incorpore une bonne dose de cynisme, sans toutefois saboter un message qui semble, au delà de l'humour noir, relativement sincère. Il y est question d'Amour et de Haine ( Ne plus y croire, De l'Amour à la Haine), de mort (« Poussière d'enfants »), de musique (Dead Hip-Hop), des gens en général ( « Je n'aime pas beaucoup les gens », Baise les Gens, Sous le Signe du V, sur la jeunesse Versaillaise), ou de lui-même ( Toute la Vérité, etc.). Entre ces morceaux, qui sont tout de même un peu brouillons et ou les thèmes abordés ont tendance à se croiser, on retrouve quelques interludes : Ce sont les coups de téléphone d'un Fuzati à l'apogée de son rôle de Looser, qui se mue en dragueur pathétique, à Anne-Charlotte.
Mais le gros point fort de cet album
(et c'est pour cette raison en particulier que je l'ai acheté
!) est la fulguro-puissance de ses lyrics, qui mettent aisément
Goldorak sur le carreau. Y'a pas à dire, cet album Est une
punchline. Fuzati à réussi l'exploit de créer un
album concept à plusieurs niveau. Outre le journal d'un jeune
versaillais quasi-suicidaire, l'album nous propose une succession de
paroles sans répit pour l'auditeur, ce dernier devant écouter
l'album quelques dizaines de fois avant de tout pouvoir ingurgiter.
Les punchlines sont ici de deux types : Les premières, qu'on
pourrait qualifier de fond tout d'abord. Ce sont celles
qui sont peut être moins mises en avant, mais qui méritent
cependant une grande attention. Elles peuvent s'étirer sur un
couplet, ou un morceau en entier, et n'en perdent pas pour autant de
leur tranchant. Ensuite, on trouve ce que l'on peut appeler les
« punchlines ultimes ». Plus courtes certes, et
qui se rapprochent plus de la définition courante de celles-ci. Par exemple, dans le morceau « Toute la
Vérité », on retrouve à la fois une
punchline de fond (le morceau entier) au sein de
laquelle se trouvent quelques unes plus frappantes. Aussi les paroles
d'introduction de « Baise les gens » ne
dérogent pas à cette règles, et on pourra citer
ici, les premières paroles du titre :
« J'aime porter des chemises roses afin de symboliser le fait que je ne suis rien qu'une simple feuille de papier toilette, vouée à torcher l'anus du monde jusqu'à l'instant où, recouvert de trop de merde, je ne finisse par craquer. ».
Il n'est pas utile de faire un catalogue des textes du Fuzati, mais je ne saurais que conseiller, en plus de cet album, un EP du Klub : « La Femme de Fer Ep », avec un morceau éponyme extra-ordinaire. Je vais juste conclure cette chronique en disant que bien qu'il souffre de nombreux défauts, qui peuvent être éliminatoires pour certains, ce « Vive la vie » n'en reste pas moins un album étrange et décalé, pourvu de nombreuses qualités, et qu'on se doit absolument d'écouter au moins une fois.
Par Womanos
Liens Utiles :
La classe avec un site officiel en .free.fr !
Mais par contre, un myspace hein !
Jimi Hendrix - Electric Ladyland
TRACKLIST
... And the Gods Made Love
Have You Ever Been (To Electric Ladyland)
Crosstown Traffic
Voodoo Chile
------------------
Little Miss Strange
Long Hot Summer Night
Come On (Part One) (Earl King)
Gypsy Eyes – 3:43
Burning Of The Midnight Lamp
------------------
Rainy Day, Dream Away
1983... (A Merman I Should Turn to Be)
Moon, Turn the Tides... Gently Gently Away
------------------
Still Raining, Still Dreaming
House Burning Down
All Along The Watchtower
Voodoo Child (Slight Return)

Quoi que tu dises, tu peux pas test.
Découvrez The Jimi Hendrix Experience!
Pour commencer cette chronique, je vais faire un aveux. L'aveu que tout ce que j'écrirais dans les prochaines lignes ne sera absolument pas lucide, ni objectif. Après cette petite mise en garde de rigueur, je peux commencer.
Jimi Hendrix, est sans aucun doute le plus grand guitariste humain (ou pas) de tous les temps. Et cet album, Electric Ladyland, sorti en 1968, est véritablement un chef-d'oeuvre. Peut être le meilleur album de tous les temps, en tout cas un des trois plus grands albums des 60's, certainement l'album numéro un de l'année 68. Nan, en vrai il s'agit tout simplement du plus grand album de tous les temps : là ou certains disent que les Beatles ont tracé une route pour la musique contemporaine, je leur rétorque sans concession : « mon cul , cessez l'imposture les gars, les vrais savent que JH est derrière tout ça ». En plus d'être derrière tout ça, James Marshall Hendrix à, en quatre ans, remis en cause la création musicale.
Après avoir véritablement lancé sa carrière au sein du trio de l'expérience, Jimi Hendrix se démarque ici de celui-ci en écartant le bassiste du groupe, Noël Redding, pour y jouer lui-même ou encore inviter de nombreux bassistes, parmi lesquels Jack Kasady de Jefferson Airplaines. On notera que de nombreux musiciens de passage ont participé à la création de ce double-album.
Electric Ladyland est unique et grandiose en plusieurs points : Malgré la longueur de celui-ci, l'album garde une réelle cohérence : la créativité d'Hendrix couplée à sa qualité hors paire de guitariste, ainsi qu'à son chant, loin d'être anecdotique ; confère à cet album un caractère aussi expérimental qu'intemporel et mémorable.
La prouesse du voodoo child a été de compiler avec une certaine habileté des morceaux très différents les uns des autres, sans pour autant faire de cette oeuvre quelque chose de brouillon. Ainsi la reprise de Dylan, « All Along the Watchtower », les tueries inter galactiques telles que « Crosstown trafic » ou Voodoo Child (Slight Return) », ainsi que les morceaux plus expérimentaux comme le très Grand « 1983....(a Merman I Should Turn To Be) se cottoient sans s'accrocher et laissent couler cet album avec une fluidité totale. L'intro de l'album est déjà très étrange, ponctuée de sonorités bizarres, probablement inédites en 68, et laisse la place au premier morceau : Have you ever been (to Electric Ladyland)?. Jimi Hendrix ne se cache pas, il veut mener une révolution musicale, et Electric Ladyland est le moyen d'y parvenir. Il invite l'auditeur à le suivre pour découvrir une nouvelle facette du monde : Have you ever been to electric ladyland?/The magic carpet waits for you/Don't be late !// I wanna show you/Different emotions/I wanna learn you/The sounds and Motions.
Après un « Crosstown Traffic » complètement barré et accentué par le phrasé presque rappé d'un Hendrix survolté, l'enfant de Seattle (ben ouais, y'a mieux que Cobain à Seattle héhé) enchaine sur un quart d'heure de grande folie avec « Voodoo Chile », bien loin des concours de Soli horribles des Satriani n'co, Jimi Hendrix sait les placer la ou il faut, pour qu'ils soient tranchants et frappants, par exemple pour conclure le couplet « Cause I'm a Voodoo Child » Comme si la voix ne suffisait plus.
Sans faire une liste exhaustive des
morceaux de ce double-album, qui me prendrait des heures si je
voulais être tout à fait complet, j'ajouterais juste que
toutes les pièces de cet album sont extra-ordinaires, et que,
bien qu'il n'ai été créé qu'en quatre
mois, cet album aurait très bien pu l'être en une
dizaine d'année. On y retrouve une chaleur, une authenticité,
et un grain de folie difficilement exprimable tout court, et, en fin
de compte, s'il ne devait en rester qu'un, ce serait lui.
Par Womanos
Pas de Lien Utile.
Hymie's Basement – Hymie's Basement (Lex Records – 2003)
TRACKLIST
1. 21st century pop song
2. All them boys
3. Suite of the
fearless tall dude killer
4. Ghost dream
5. The act
6.
Moonhead
7. The pump
8. Parrots
9. Pretty colors (smile your
brains out)
10. Ben and Joey
11. America won
12. America
too
13. I am a sewer at heart
14. Lightning bolts and man
hands
15. You die
Hymie's Basement est un projet tout droit sorti de l'imagination de Why? (Anticon) et Fog (Ninja Tune). Ces deux artistes singuliers nous emmènent ici dans un univers ou la naïveté est habillement (quoique...la naïveté n'est pas habile de nature) couplée à un tracé musical en dehors des sentiers battus.
Après avoir longuement scruté l'objet, en se demandant si les coups de crayons sur la pochette sont d'origine, ou s'ils ont été rajoutés a posteriori par un vandale albumistique, il est grandement temps d'insérer la galette dans son lecteur audio. On met la machine en route et on tombe nez à nez avec le premier morceau « 21th century pop song », assez étrange, puisque plutôt éloigné des terrains habituels des deux comparses : un morceau assez classique, taillé dans un format très pop, qui ne rappelle que très légèrement l'esprit anticon/Ninja Tune. Ce morceau est une réussite totale, et l'approche des musiciens ici différente, donne un un peu plus de fraîcheur encore au titre. Le second morceau « All them Boy », nous replonge vivement dans l'univers un peu moins classique des auteurs. Un refrain a deux voix, très agréable bien qu'étrange, un musique très peu mise en avant pendant les parties chantées, et un peu plus pour la fin instrumentale du morceau , rendent « All them boys » plutôt inquiétant. Le troisième morceau n'existe que par un piano seul, assez brumeux et aérien, toujours très déconcertant, presque dérangeant, et l'on se demande ou nous emmènent les deux artistes : sont-ils partis l'espace d'un morceau pour nous laisser avec ce piano limite flippant, ou sont-ils encore là, a quelques centimètres de nos oreilles?
« Ghost Dream » est en tout cas l'occasion pour eux de revenir au chant. Un couplet sans introduction, avec le flow unique de Yoni Wolf qui nous rappelle qui est derrière ce projet, puis un refrain chanté, et enfin, comme souvent dans cet album, une fin de morceau instrumentale, entraînante, mais avec une certaine retenue tout de même. On notera par ailleurs certains très bons morceaux, tels que « Pump » ou encore le coolissime « Ben and Joey ». Le morceau « Parrots » est couvert quant à lui par un épais brouillard auditif qui nous fait nous demander si l'on n'a pas ingurgité une substance chimique genre-c-est-interdit.
En bref, nous avons affaire a un album assez étrange, certes pas vraiment maîtrisé de bout en bout. On sent bien que Why? Et Fog n'avaient pas dans l'idée de proposer un album carré, empaqueté, mais plutôt un projet musical unique, une recherche qui conduit en fin d'album à un morceau magnifique : Lighting Bolts And Man Hands. Le morceau commence par quelques jolies notes déposées sur un son sourd assez lointain, on s'attend à une petite interlude, mais au bout d'une minute et trente secondes, la voix d'Andrew Broder se pose sur ces quelques notes, assez vite remplacée par celle de Why?. Pas le Why? Un peu malin qui rappe avec entrain, mais Yoni Wolf qui a bu une tisane, et qui s'est calmé. Il n'est pas ici question de poulet emprisonné, mais « Darla » n'est pas si loin, car même si les paroles semblent drôles, il n'y a pas forcement un second degré à déceler, et les dernières paroles du morceau sont signées de Y.Wolf :
« in the years to come,
will we see the emergence of a strong computer key finger?
in the
years to come, will we see a flattened mousepad palm? ».
L'album aurait pu se terminer comme ça, mais ce n'est pas le cas, puisque le dernier morceau, qui s'intitule « you die », est une pièce a prédominance instrumentale mais ou une voix finit par atterrir :
« you die, you become a
color
you die, you become a number
you die, you become
laughter
you die, you become sound
hem my pants
on a
brand new earth
do the frug on a speck of dust » ;
Puis une autre de rajouter :
« I owe you america
I owe
you the world »
Rideau.
Par Womanos
Liens Utiles :
Une vidéo sans doute pas officielle !
Mais un Myspace, qui l'est !
A voir également sur Mange disque : Why? "Elephant Eyelash", Why? "Alopecia".









