15 septembre 2008
Vieilles Charrues 2008
Ce week-end, c’était le festival des Vieilles Charrues, le seul week-end de l’année où Carhaix ne ressemble pas à une ville fantôme. Alors certes la programmation n’est pas des plus mirobolantes, mais il y a toujours quelques trucs sympas à se mettre sous la dent, et en général l’ambiance est bonne, surtout lorsqu'il fait beau, comme c'était le cas cette année. Je me décidais donc à m'y rendre le samedi et le dimanche, en y retrouvant quelques amis, tout en regrettant un peu de ne pas avoir pu aller voir Gogol Bordello le vendredi soir, qui selon mes échos, était franchement bien.
Le samedi, après avoir marché de longue minutes, avec un sac, la fameuse tente 3 grammes, et un pack, nous arrivons assez tardivement sur le site ( ce qui ne m’empêche de voir des artistes plus prodigieux les uns que les autres, tels Yelle, Camille, Duffy, Etienne Daho...). J’arrive tout de même pour The Go! Team (mené par la charismatique Ninja, habillée pour l'occasion d’un magnifique short/jupette bleu fluo, élégamment assorti à des chaussettes oranges relevés jusqu’aux aisselles), et certains m’avaient vanté les mérites de ce groupe mélangeant hip-hop et pop-rock indé.
Un demi de bière offert par des potes meulés depuis 48 heures, et une demi-heure après le début du concert, je me cale sur le côté de la scène, et commence à écouter un solo d’harmonica sur lequel rappe la chanteuse. Agréablement surpris, d'après le peu que j’avais écouté auparavant : ça bouge, ça sautille, ça fait participer la foule, et ni une ni deux, tu te retrouves avec la banane et à te laisser prendre par l’ambiance. Pour moi, le festival commence donc bien, et en mangeant quelques instants plus tard, j’avais encore Fake ID Air Raid Gtr , The Wrath of Marcie ou bien encore le fameux Going It Right .
Après la formidable performance musicale de Gad Elmaleh (que je n’ai pas regardé), je suis parti me placer pour le Zebramix, mené par DJ Zebra, connu pour ses bootlegs. Je m’attendais à un truc qui envoie du pâté, et au final, à part l’intro avec le bagad local sur le beat de « La Marche Impériale » de Star Wars, et un bootleg de L'Homme Pressé de Noir Désir repris unanimement par la foule, il n'y avait en fin de compte, vraiment pas grand-chose à se mettre sous la dent, malgré la présence d’Oxmo Puccino ou de l’ancien chanteur des Négresses Vertes.
Je décide de me séparer de mes amis pour aller jeter un coup d’œil sur la petite scène dédiée pour la soirée, à la musique electro. J'ai donc eu le plaisir d'assister durant 20 minutes à la performance de Crystal Castles : sorte du cyberpunk musical sombre, ou du Joy Division sous amphètes, à l’image du groupe, terré dans l'ombre (excepté la chanteuse qui ne cessait de se déplacer et de pousser des hurlements désespérés). Un set marqué par le beat ravageur du batteur, et des samples puisés dans les vieux jeux 8-bit, mixé à moultes effets de distorsions. Par chance, les quatre morceaux auquel j'ai pu assister, étaient les seuls que je connaissais c’est-à-dire Alice Practise, Crimewave et Courtship Dating
Mais je m'éclipsais assez vite de la scène pour aller voir Matmatah, dont tout le monde attendait un concert en forme de feu d’artifice pour leur derniere prestation bretonne. Après avoir joué « Lambé An Dro » dès le 3ème morceau de la set-list, où le public se met à chanter et sauter comme un seul homme, je me disais, à l'instar de mes camarades du public, que c’était bien parti ; que c’était « parti pour aller » comme dirait l’autre. Mais au final, tout bien considéré, c’était plutôt un florilège de pétards mouillés - 14 juillet sous la flotte -, la faute aux membres du groupe qui ont pris depuis plusieurs années un melon tellement énorme qu’ils pourraient gagner le concours régional du plus gros cucurbitacé à Mouilleron-Le-Captif, et de ce fait, essayent de prouver qui valent autre chose que leur premier album « La Ouache ». Malheureusement pour eux, et surtout pour nous, cet album est incontestablement leur meilleur album, et à part Lambé An Dro, Emma et Derrière Ton Dos, le quartet brestois a concocté un florilège de morceaux chiants, comme ils savent aussi très bien le faire, et une reprise interminable de Heroin de la bande à Lou Reed, en lieu et place de L’apologie ou des « Moutons ». Je préférais donc me casser avant la fin, en me disant qu’au final Matmatah avait eu la bonne idée de se séparer. J’allais voir la Dj Missill, auteur d’un set bien carré et qui envoyait du bois pour se réchauffer en cette nuit frisquette, et qui arrivait à faire bouger mon booty, chose que je n’avais pas pu faire juste avant.
Et pour finir la soirée, il y avait de lourd (rassurez-vous il n’y a pas de jeu de mot), puisque c’était Gossip, le groupe du moment, mélange de rythmes disco et de guitares punk, avec une voix tantôt soul, tantôt très rock, dans la veine de Joplin. L’intérêt du groupe en live tient surtout à Beth Ditto, dont la voix pourrait quasiment s’entendre à 100 mètres sans micro, et qui se balade partout dans sa robe moulante,affirmant sa personnalité exubérante entre les chansons. Y a quand même pas à dire, elle en a sous la robe, et c’est sûrement pour ça que que beaucoup de gens ne la supportent pas, Ce qui n’était pas le cas des gens qui avaient veillé pour la voir, et qui reprenaient et dansaient sur les tubes Standing The Way Of Control, Yr mangled Heart, Listen Up et autres morceaux tirés de leur dernier album. Une bon point, la présence d’un bassiste, chose qui n’est pas faite à chaque fois, et qui arrivait à donner un peu plus de corps aux morceaux. 50 minutes plus tard et c’était torché, pour un concert qui a beaucoup plu à ceux qui aiment l’album. Les autres n’auront pas changé d’avis. Et voilà une soirée qui se termine bien, y a plus qu’à rentrer au camping du festival pour se poser autour d’un pack.
La nuit fut courte, car entrecoupée par les « Apéros, Apéros !! »,6h du matin, les « Baisse ton froc, c’est moi qui pilote !!» et autres joyeusetés qu’on pourrait croire toutes droit sorties de la bouche de Nadine de Rothschild. On se pose, on fraque en essayant de trouver un peu d’air frais, on se mange du pain/pâté Hénaff, le meilleur ami du campeur breton et on se dit qu’on irait bien sur le site au lieu de rester là comme des grosses loses. Le premier concert ne me botte pas des masses, mais je me laisse convaincre pas les filles qui sont devenues majoritaires en ce dimanche.
Et ce concert c’est Asa. Bon c’est pas très original, c’est juste de la pop teinté un peu world à la Tracy Chapman, mais en même temps à 16h, en plein soleil, faut pas trop en demander. Le concert est sympa, le public suit surtout pour les chansons qui passent en boucle à la radio comme Fire On The Mountain ou Jailer (à noter une reprise bien sympathique de « New Life » de Muse). Mais bon, certaines chansons frisaient quand même l’ennui.
Un coup de flotte sur la nuque et un autre dans le gosier, (ce qu’aurait du faire les loques qui lâchent tout vers 16h30) et hop, direction la grande scène pour le groupe fino-français The Dø. Ayant beaucoup apprécié l’album et sachant les échos élogieux de leurs concerts, je m’attends à un moment agréable. Et il le fut. Ça commence avec Playground Hustle comme leur album et on remarque d’office la grande complicité entre les deux membres officiels du groupe. On n'a même pas l'impression de voir 2 Playmobiles dans un lavabo ! Dan, le sosie officieux de Johnny Depp tourne autour de la chanteuse Olivia, la frôle avec sa guitare et use d’autres gestuels sensuels, tel comme un chien en rut (bah quoi c’est sensuel un chien en rut). Après avoir affirmé qu’ils chiaient dans leur froc de jouer devant autant de monde (enfin grosso modo) ils enchaînent avec « At Last »,puis une sorte de medley hyper bien calé et du plus bel effet entre « The Bridge Is Broken » et « Queen Dot Kong ». D’autres chansons comme « Tammie » ou « Aha » y passent, avant que Dan annonce qu’ils vont jouer « sur mes épaules ». Là je me dis, « quel bande de salauds j’suis pas une estrade » (NDLR : la rédaction se désolidarise de cette blague !), avant de comprendre qu’ils vont jouer le tube « On My Shoulders ». Depuis qu'elle passe un peu moins à la radio, cette chanson est redevenu plus supportable, d'autant plus que le public la reprend en cœur, et que la chanteuse modifie quelque peu son chant. Et se sentant chauds comme des baraques à frites, ils se lancent même dans une de leur nouvelle chanson, puis dans la foulée, tentent une reprise plutôt osée de « Crazy » by Gnarls Barclay, qui passe aussi facilement qu’un doigt dans du beurre fondu. Ils restaient encore quelques chansons à jouer, mais nous décidions tous d’aller se mettre un peu à l’ombre, bien que nous ayons fortement apprécié la prestation du duo.
Un p’tit tour au bar se faire payer des coups par des potes de lycée (non mais parfois c’est moi qui paye hein), une crêpe chocolat pour éponger un peu, et je vais suivre les femelles que j’accompagne pour jeter un coup d’œil à Thomas Dutronc parce qu’il est quand même trop beau (c’est pas moins qui dit ça hein). Et n’empêche dans son costard blanc de patron de bordel, il se défendait. Des chansons sympatoches, des vannes qui font mouche (NDLR : la rédaction se désolidarise de cette remarque :p), font de ce concert un moment plaisant. Enfin 3 ou 4 chansons, après faut pas déconner. Nous décidons d’aller manger un de ses plats raffinés présents sur le site, c’est-à-dire galette-saucisse, tartiflette, ribs, saucisse purée et autres kebabs. Arrive le concert de Vanessa Paradis, et mes amis me délaissent, ou plutôt je ne les suis pas, parce que y a quand même des limites à la connerie (NDLR : Bien dit Guit ! Bien dit !). Si j’avais su que y avait Mathieu Chédid, j’aurais peut-être changé d’avis mais bon. J’attendais donc mon frère pris en otage pour un apéro sur le camping. Je le trouve quelque temps plus tard, au moment même au débute le concert de The Kooks (pour le perdre à nouveau 10 minutes plus tard). J’écoute d’une oreille distraite, c’est sympa, c’est du rock british comme on en fait à la pelle, c’est un p’tit concert de rock mais pas de quoi se taper le cul par terre, surtout quand on voit ce qui arrive après.
Il est 22h30, la nuit commence sérieusement à tomber et 5 barjots venus du froid vont jouer sur la grande scène leur punk/garage/rockn’roll : ce sont The Hives. Alors c’est le concert que j’attends, celui qui fait que s’il est foireux, j’aurais sérieusement les boules. Leur réputation sur scène est grande, le dernier album comme le précédent franchement pas dégeu. Direction le devant de la scène où je retrouve par miracle mon frère. A l’arrière de la scène, leur nom sur une enseigne en néon rouge, très fifties, tout comme leur costards blanc et noir dans lesquelles ils arrivent, avec en fond musical, A Stroll Throught Hive Manor Corridor. Quand les zicos jouent les premières notes de Hey Little World, le chanteur Howlin’ Pelle Almqvist frappe dans ses mains pour chauffer un public qui l’est déjà hautement. Ça pousse contre les barrières, plus fort que mémé dans les orties, ça pogote et ça frappe dans les mains, et là je me dis que j’ai bien fait de mettre mes lentilles dans les toilettes dégeux du festival. Dès le premier morceau, ça joue à cent à l’heure, le chanteur n’arrête pas de marcher le long de la scène, de monter sur les retours, tandis que son frangin à la guitare commence à lancer ses regards lubriques et à souffler sur ses doigts, tandis que le batteur tape comme un sourd, et que les deux gros de service à la basse et à la guitare jouent sans bouger, ce qui renforce le côté barré des deux premiers. Quand le morceau se termine Pelle Almqvist lance : « Mesdames et Messieurs, nous sommes les Fucking Hives !» puis enchaîne sans plus attendre avec You Got It All… Wrong.
Mais là, une couille tombe dans le potage quand le son commence à déconner, façon son complètement étouffé, ça dure 10 secondes, puis le son normal revient pendant une majeure partie du concert. Mais bon il faut passer outre car le concert continue sur un rythme fou, en alternant morceaux de Tyrannosaurus Hives et du Black Album comme « A Little More For A Little You », « It Won’t Be Long », « Walk Idiot Walk », etc., tout en faisant tout pour maintenir la pression d’un public tendu comme un string: lancer de baguettes, saut du haut des amplis, tournoiements de guitares, etc. Et entres les chansons, Pelle lance des « Madame, Madame et Messieurs, Messieurs ! » digne d’un présentateur de match de boxe, pour provoquer les cris de la foule, et alterne remerciements et provocs prétentieuses. Parce que ces cons de suédois, ils savent qu’au pays des meubles en kit, c’est eux qui les démontent à grands coups de haches, et qu'ils font plus qu’un concert mais un véritable show. Tandis que les lances à incendie sont de sorties pour rafraîchir la foule, que les slams sont violemment réprimés par les mecs de la sécu toujours aussi fins, et que le groupe fait tomber le costard, les tubes défilent (Try It Again, Two-Timming Touch And Broken Bones, See Through Head, You Dress Up For Armageddon, Diabolic Scheme ). Le groupe s’arrête ensuite brutalement de jouer, et reste immobile durant de longues secondes dans une lumière rouge, pour repartir aussi brutalement. Et bien sûr arrive le moment où, tel un prêcheur, Pelle, prend le micro pour affirmer que ce n’est pas un grand concert des Hives si rien n’explose. De la sorte, il annonce Tick Tick Boom, lequel offre un moment d’hystérie collective. A la fin, les membres du groupe se congratulent comme une équipe de foot ayant mis une branlée à leur adversaire, et vu l’état de leurs fringues, on peut dire qu’ils ont mouillés le maillot !
Une heure plus tard, c’est un concert plus tranquilou qui se joue sur la grande scène pour clôturer le festival, en la présence des anglais de Morcheeba, séparés de Skye Edwards. Pour ce concert, c’est une chanteuse française Manda, qui est présente, mais avec une vois très proche de celle de Skye Edwards. Le groupe alterne donc les anciens tubes (Moog Island, Part Of The Process, Blindfold, Tape Loop, The Sea, Way Beyond) et morceaux du dernier album The Dive Deep (Enjoy The Ride, Riverbed, Gaines The World, Blue Chair). Un concert très cool, calme, pépère, parfait pour finir la soirée et le festival, même s'il est vrai que, malheureusement, ce genre de musique n’apporte pas grand-chose quand elle est transposée sur scène. Pour ceux qui apprécient le groupe en revanche, ça passe tout seul, et c’est même vraiment agréable.
Et voilà direction le camping, comme la veille, pour picoler, comme la veille, mais pour faire plus de bruit que les autres, pour une fois. Et au final j’aurais passé un très bon petit week-end.
Par Guit
Fête de l'Humanité 2008

Ce Week-end, je me décidais, accompagné de quelques personnes, de me rendre au Bourget, pour assister à la Fête de l'Humanité ! Fête de communistes : bières éventées et frites peu cuites en perspective. Punks à chien et prolos pas frais se croisaient tout au long du week-end, tandis que la pluie était partiellement de la partie.
De NERD, Bashung, Arno, Babyshambles, Spoke Orkestra, Moriarty ou encore Roger Hogson, je n'ai finalement pas assisté à grand choses ! Mes quelques camarades très occupés à manger leur frites assis (personne ne mange des frites assis à la fête de l'huma, c'est une hérésie), j'arrivais à écouter cinq minutes de Spoke Orkestra sur la scène Zebrock. Groupe que j'avais déjà vu il y a quelques années au festival du Grand 8 au Zénith, je me rendais ici compte que leur prestation scénique avait évolué. Plus de puissance et de volume musical, ce slam-rock fusion à le mérite de proposer un son original. Cependant, si Felix J dispose d'un flow intéressant, celui de Nada nous fait irrémédiablement penser à l'incarnation d'un Roi Heenok vicieux.
Le temps passe. Je me retrouve devant la grande scène pour le dernier morceau des Babyshambles. Je ne suis pas spécialement fan du groupe (disons clairement qu'il n'apporte rien de plus que les opus des Libertines, qui ont déjà fait le tour de la question musicale qu'ils posent !), mais l'idée de voir un Pete Doherty qui n'annule pas son concert était marrante. Le temps d'un « Fuck Forever », et puis s'en vont.
Nous patientons encore quelques dizaines de minutes, avant de voir Roger Hogdson poindre le bout de son nez. Il est vieux, il a des cheveux longs et gris, et il est trop gentil. Il enchaîne pendant plus d'une heure les classiques de Supertramp, accompagné pour l'occasion d'un saxo 80's des plus dérangeants. S'il n'a rien perdu de ses qualités vocales, Roger Hogdson nous propose un set à l'américaine : très carré, très officiel, et pas très rock'n'roll. Bien sûr, les classiques beatlesiens (plus dans l'idée d'eeficacité que de proximité sonore) du groupe britannique, tel « Breakfast in America », ou encore « The Logical Song » se propagent sympathiquement dans le public, et quelques energumenes excités font montre d'un comportement innaproprié : slam grotesque et réalisé par de jeunes gens trop heureux d'assister à leur premier vrai concert, après celui d'Henri Dès.
Je ne préfère en outre
pas m'attarder sur les quelques centaines de clones de Doherty. Jeans
slim et chapeaux vissés sur la tête. Maigres comme des
clous, et 15 ans de moyenne d'âge. Assez flippant, il faut
l'admettre.
Finallement, la fête de l'Humanité n'est plus une fête de communistes. La majorité du public vient d'abord et surtout pour les affiches musicales plus ou moins alléchantes. Le festival peut en effet se vanter d'avoir su convaincre des groupes tels que Noir Desir, Compay Segundo, les têtes raides, le peuple de l'herbe, Arno, Bashung, ou encore Java et Dub Inc., mais aussi Archive, Emir Kusturica, The Subways, Iggy & The Stooges, NERD, Babyshambles, et enfin,The Who, the Pink Floyd, The Kinks ou Leonard Cohen.
Même si la fête à cette année augmenté ses prix, il faut bien avouer que 17 euros pour trois jours de musique n'est pas très onéreux. Le tout est de bien choisir l'année pour s'y rendre, la programmation musicale étant plus ou moins intéressante d'une année à l'autre.
Liens Zutiles : NERD, Bashung, Arno, Babyshambles, Spoke Orkestra
Par Womanos.
TTC - Ceci n'est pas un Disque
TRACKLIST
Titres :
01/ nonscience
02/ (je n'arrive pas) à danser
03/ de pauvres riches
04/ teste ta compréhension
05/ pas d'armure (feat. dose one & hi-tekk le receleur)
06/ reconstitution
07/ subway
08/ pollutions (feat. la caution)
09/ soudaine montée d'adrénaline dans l'éloge (feat. james delleck)
10/ toi-même
11/ en soulevant le couvercle (feat. yarah bravo)
12/ élémentaire

Découvrez TTC!
Après quelques semaines de vacances, le mange-disque est de retour pour chroniquer ses coups de coeur (ou pas !). Aujourd'hui donc, la chronique en question est celle du premier album de TTC, « Ceci n'est pas un Disque ! ». Autant le dire tout de suite, Womanos n'est pas fan de TTC. Womanos pense que le gros Teki Latex est insupportable, et que son récent duo avec la vieille Lio, ne le rend pas beaucoup plus sympathique. Néanmoins, ce premier opus, dont le titre fait référence à la célèbre « Trahison des Images » de René Magritte, est relativement supportable, parfois même très agréable.
L'album commence par « Nonscience », morceau relativement cheap, à l'instru un peu ratée, mais qui laisse présager un album ponctué de grains de folie enthousiasmants. Le second titre justement « (J'arrive pas à) Danser », est de bonne facture. Le flow des trois Mcs sont ici plus que bons, et le refrain, dissonant, nous rappelant les production indépendantes américaines, montre une face inspirée du trio francilien.
Si cet album est plutot réussi, on peut légitimement penser que la participation de nombreux artistes tels que La Caution, James Delleck, DJ Vadim, ou encore DoseOne n'y est pas pour rien. Ce dernier justement, apparaît sur le titre « Pas D'Armure », véritable masterpiece de cet album. Une ambiance plus sombre que le reste de la production, lourd & entrainant à la fois. La caution également fait une jolie apparition sur ce titre. Et les deux frères de Noisy-le-Sec nous retrouvent sur « Pollution », rythmique grésillante et nuage sonore fluide pour fond. « Soudaine Montée d'adréaline dans L'Eloge », voit poindre le flow reconnaissable parmi cent de James Delleck. Moins bon que sur son Album « Le Cri du Papillon », Delleck fournit ici une prestation plus qu'acceptable.
Enfin, comment ne pas citer « de Pauvres Riches », morceau satirique à l'instru plus que dépouillée. Après un petit sondage, il semblerait que ce titre soit le plus connu de cet album. Même si le mix de DJ Vadim est intéressant, le thème abordé, hautement casse-gueule, n'est pas traité avec une créativité d'écriture flagrante. Mention spéciale tout de même à Tido Berman, sur ce morceau, mais aussi sur le reste de ce premier opus, qui reste, le meilleur des trois MCs du groupe.
Au final, « Ceci n'est pas un disque » est un album un peu fouillis, parfois un peu trop précipité, et ou les instrus tout autant que les lyrics et les flow, laissaient présager une évolution positive du groupe. Malheureusement, TTC n'a pas su confirmer ce premier essai, et s'est labentablement ramassé musicalement sur leurs second et troisième opus. Dommage.
Liens Zuzuzutiles : TTC, James Delleck, DoseOne, DJ Vadim, La Caution,
Par Womanos.
N*E*R*D - Seeing Sounds
TRACKLISTING
1. Intro
2.
Everyone Nose
3. Spaz
4. Time for Some Action
5. Kill Joy
6.
Anti Matter
7. Happy Sooner or Later
8. Windows
9. Yeah
You
10. You Know What
11. I Can't Get It out of My Head
12.
Someday I'll Laugh About It
13. Laser Gun Carrying
14. Love
Bomb

Découvrez N.E.R.D.!
Pharell? Oh oui ! Pharell? Oh oui !
Pharell et son groupe, NERD, reviennent, en cette année 2008 avec un troisième album studio. L'un des producteurs US les plus en vue du moment (un long moment en l'occurrence), propose ici une savante fusion de rock, de soul-funk et de hip-hop, avec ce « Seing Sounds ».
Et le moins que l'on puisse dire c'est que « Seeing Sounds » s'inscrit dans le prolongement de « Fly or Die », sorti quatre ans auparavant. Sur « Anti Matter », le groupe nous balance une tuerie fichtrement efficace, qui fait la part belle à une instru plutôt rock sur le refrain, et un flow hip-hop, marié à un beat ravageur sur le couplet. La marque de fabrique de NERD est très souvent traduite par l'insertion d'un break douteux en milieu de morceau. C'est le cas sur « Anti Matter », mais ça l'est aussi sur « Everyone Knows (All the Girls standing in the line of the Bathroom) », ou un étrange passage mielleusement RnB/lover squatte ce titre aussi bien à l'aise sur le dancefloor que dans les soirées rock !
« Kill Joy » est un excellent morceau de funk-rock moderne. Les assemblages de sonorités et les ingénieuses idées du trio nous laissent de prime abord perplexe, avant de nous convaincre. Bien sûr, NERD est avant tout ancré dans le hip-hop, et l'est même très profondément. Si l'on met en avant les différentes fusions apparentes dans cette opus, c'est parce qu'il s'agit du plus flagrant à l'écoute. Il ne faut cependant pas penser que Pharell & Co. Ont pété un plomb et ont négligemment laissé poussé la mèche : Le flow est résolument hip-hop, tout comme les sonorités qui ont fait la renommée des jeunes gens de NERD, sont prédominantes.
On connaît en outre les quelques travers de Pharell, et son penchant pour la guimauve. On avait pu le remarquer sur ses duos avec de nombreux artistes, notamment Snoop, ou il était cantonné au rôle de lover-chanteur-de-couplet-R'n'b. Et, comme si cela ne suffisait pas, il remet le couvert sur « Love Bomb ». Lorsqu'il se met à chanter comme ça, façon « Buuut I beliiieeeeeve ... Beeeee youuuur Guuyyyyyyy... etc. », on a juste envie de lui foutre une tarte. Cependant, même lorsque le morceau est apparemment complètement foireux, il y a un je ne sais quoi d'intéressant. Comme ce beat qui fait monter le titre en puissance, malgré sa timidité.
Heureusement pour nous et pour lui, PW est capable des meilleurs productions possibles. Juste après le titre RnB en carton-pâte, il (oui on ne va pas se mentir, c'est Pharell le boss de NERD !) se rattrape avec brio (qui ça?) en livrant un tubissime « You Know What ». La onzième pièce de « Seing Sounds » est un titre taillé pour les chaudes soirées estivales. Ouais ouais, il va pas nous la faire à l'envers lui. On l'a bien remarqué, à la première écoute même, qu'il a composé cet album pour serrer les biatches de Miami au mois d'août ! Et on lui en veut pas vraiment de faire faire ça, parce que justement, c'est bien fait !
Le dernier morceau ne fait pas retomber la pression, et conclut de montrer le talent de NERD (s'il fallait encore le faire) lorsqu'il s'agit de brasser différents genres musicaux afin de créer un cocktail détonnant. Funk, Soul, Rock et Hip-hop se croissent et se rencontrent ici, sans qu'un ne prenne considérablement le dessus sur les autres.
Un sens de la mélodie indéniable, une énergie rock à en faire pâlir les groupes à mascara, et une base solidement hip-hop contribuent à faire de cet album un parfait carrefour entre univers musicaux à priori fort différents. Et sur le carrefour de NERD, il n'y a, à notre plus grande satisfaction, que très peu d'accidents.
N * E * R * D Offichalle !
Par Womanos !
16 septembre 2008
Gang Gang Dance – Saint Dymphna
TRACKLIST
Bebey
Holy
Communion
Blue
Niles
Vacuum
Princes
Inners
Pace
Afoot
House
Jam
Interlude
(No Known Home)
Desert
Storm
Dust

Bien qu'ils soient relativement frileux, ces mois de rentrée 2008 nous offrent quelques sorties musicales bien sympathiques. Alors que The Kills, Roots Mannuva ou encore Mogwai avaient ouvert la voie au mois de Septembre, c'est au tour de la formation originaire de Brooklin, Gang Gang Dance, de nous liver son quatrième opus : « Saint Dymphna ».
S'ils avaient largement convaincu avec « God's Money », que nous chroniquions il y a quelques mois, certains attendaient impatiemment cet album, afin de se délecter des sonorités originales du groupe.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Gang Gang Dance ne déçoit pas le moins du monde. Ils livrent ici un album à la fois étonnant et bourré de tubes expérimentaux. Si l'album commence par « Bebey », titre d'abord calme, qui monte au fil des secondes crescendo ; le second morceau, « Holy Communion » est une petite bombe nerveuse, mais aussi mélodique, notamment grâce au chant, qui se fait d'habitude plutôt rare. On notera par ailleurs un gimmick repris un peu partout dans l'album, et qui donne à cette oeuvre un liant, une cohérence.
Cette vidéo n'est pas en rapport avec l'album chroniqué,
mais c'est déjà mieux que rien ! et c'est même bien !
Même s'il nous arrive parfois de
repenser à « God's Money », ou même
à des groupes relativement similaires, Black Dice et Animal
Collective en tête, Gang Gang Dance propose, et encore plus que
précédemment sur ce quatrième opus, une musique expérimentale à laquelle est incorporée ci-et-là,
références 90's, voire trip-hop urbaines ou dubstep. Un
étrange concentré de musique expérimentale il
est vrai, sans pour autant être rébarbative, ou
ennuyante ! Le label de Gang gang Dance qualifiait récemment
cet album de la sorte : « a beat that resembles the
omnipresent sound of reggaeton flooding the NYC streets during summer
months. ».
Comprenez : C'est beaucoup moins froid,
c'est très dansant, et si ça reste relativement
inventif, c'est taillé pour les boites branchées
underground. Comme je le disais, on attendait Gang Gang Dance. On ne
s'attendait pas vraiment à ça. Et tant mieux.
Lien utile : Gang Gang Dance
Par Womanos
17 septembre 2008
Department of Eagles – In Ear Park
TRACKLIST
01. In Ear Park
02. No One Does
It Like You
03. Phantom Other
04. Teenagers
05. Around The
Bay
06. Herring Bone
07. Classical Records
08. Waves Of
Rye
09. Interlude
10. Floating On The Lehigh
11. Balmy Night

Department of Eagles nous avaient quitté il y a quelque temps, et osons le dire, nous avions la larme à l'oeil, tant le duo originaire de la grosse pomme (aka Big Apple, aka NYC), et plus précisément de Brooklin (je chronique beaucoup de gens de Brooklin en ce moment, puisque l'article sur Gang Gang Dance vient d'être publié !), nous avait enivré les esgourdes. Fred Nicolaus et Daniel Rossen (qui sévit également au sein de Grizzli Bear) reviennent en cette fin d'année avec un nouvel album : « In Ear Park ».
Beaucoup plus electro-pop, « Classical Recods », « No One Does It Like You » et surtout « Waves of Rye » ne peuvent que nous rappeler le groupe des quatre jeunes garçons dans le vent, et que j'ai l'impression de citer bien trop souvent. Mélodie clairvoyantes, guitares parfois électriques – mais jamais braillardes » et rythmiques pop sont au rendez vous de ces morceaux. Pour autant, les deux membres de Department of Eagles n'oublient pas une seule fois que plagier n'est pas créer. Et pour créer, le duo innove en introduisant des sons travaillés, parfois electro, d'autres fois relativement pop, pour faire en sorte que toujours, leur empreinte soit marquée sur les différents titres de «In Ear Park ».
« Therapy Car Noise », court morceau de moins de deux minutes, marque l'auditeur, de prime abord par son étrangeté. Les rires inquiétants se mèlent au piano tantôt aérien, tantot grave, lorsqu'il retombe sur une note basse, et à la voix tournoiyante du chanteur. Au final, un résultat très convaincant, qui permet à l'auditeur d'entrevoir une autre facette encore de Departement of Eagles.
Enfin, comme je le disais en début de chronique, certains morceaux, pas vraiment pop, et peu ou prou marqués par l'electro, ressemble plus à de petites touches folk et gentilles qu'à autre chose. Et, comme ils le montre sur « Floating on the Lehigh », l'intensité d'un morceau n'a plus que jamais rien à voir avec la puissance sonore. Ainsi, sur un morceau d'abord très lent, joué en guitare/voix, un simple sursaut de batterie, un leger renfort de guitare, le temps d'un court refrain, permettent de métamorphoser une ballade folk en joyaux de pop-song moderne.
Enfin, si Department of Eagles ne misent pas sur une musique théâtrale faite de grimaces et d'hyperboles, tout en parvenant à emplir leur morceaux d'une belle émotions ; ils ne le doivent qu'à une chose : leur talent. Et si leur travail, est comme sur ce disque, toujours mis au service de leur talent, ils feront toujours, et comme ici, de grands disques.
Liens utiles :je propose ça, pour faire dans l'originalité !
Par Womanos.
The Streets – Everything is Borrowed
TRACKLIST
"Everything Is
Borrowed"
"Heaven For the Weather"
"I Love You More (Than You Like
Me)"
"The Way of the Dodo"
"On the Flip of a Coin"
"On the Edge of a Cliff"
"Never Give In"
"The Sherry End"
"Alleged Legends"
"Strongest Person I Know"
"The Escapist"

Découvrez The Streets!
J'avais quitté The Streets, rappeur anglais plus que singulier, il y a quelques années, avec son premier ou second album. Il se trouve que le bonhomme revient aujourd'hui, avec un nouvel album « Everything is borrowed ». Avant l'écoute de cette album, je me pose une question : est ce que le phrasé du rappeur, et son univers très « grey england » sont toujours d'actualité?
Après quelques secondes d'écoute, ma première interrogation est partie très loin, et le flow de Mike Skinner est toujours le même, ce qui ne peut que faire plaisir. En revanche, après écoute de l'album dans son intégralité, on ne peut s'empêcher d'émettre quelques réserves sur certains titres. S'il sait être funky et entraînant sur certains morceaux (« Heaven for the Weather », « The Sherry End »), sombre, grave ou pensif parfois ( « On the Flip of a Coin »), s'il peut même effleurer l'indie-pop classieuse sur d'autres (« On the Edge of a Cliff »), certains morceaux, trop lyriques, font légerement redescendre le niveau très élevée qu'il atteint parfois.
La grande importance qu'il semble accorder à la mélodie sur cet opus (« The Escapist »), notamment lorsqu'il entame les refrains (les passages chantés y sont systématiques), mais aussi les instrus ci-et-là trop enjouées, et enfin le slam grotesque - bien que tout mignon - de « The Strongest Person I Know », sont quelques points qui auraient pu être retravaillés, à défaut d'être supprimés.
Dans l'ensemble, tout de même, ce quatrième album de The Streets reste de bonne facture, entre reminiscences old-school, penchant exagéré pour la mélodie, mais aussi parfois, justesse -pas des notes- dans le chant. Certains diront que cet album est celui d'un trentenaire. Et moi, je pense que cet argument ne vaut pas. Mike Skinner n'a pas lamentablement raté son album, mais il aurait à coup sûr pu mieux faire. « Everything is Borrowed » serait le pénultième album de The Streets. Disons qu'il lui reste une flèche pour viser la cible.
Lien Utile : Wouhop
Par Womanos.
Emiliana Torrini – Me And Armini
TRACKLIST
1. Fireheads
2. Me and Armini
3.
Birds
4. Heard It All Before
5. Ha Ha
6. Big Jumps
7.
Jungle Drums
8. Hold Heart
9. Gun
10. Beggars Prayer
11.
Dead Duck
12. Bleeder
Découvrez Emilíana Torrini!
Alors qu'elle nous avait laissé avec son précédent album « Fisherman's Woman », l'italo-Islandaise, Emiliana Torrini, revient cette année avec un nouvel album : « Me and Armini ». Passée du trip-hop qu'elle pratiquait dans ses deux premiers albums, à une pop indé, fraiche et légère depuis « Fisherman's Woman », La jeune artiste n'a cette fois -a priori- pas pris de virage à 180 degrés. Si l'album est résolument pop, parfois folk, quelques souvenirs trip-hop viennent s'y installer de temps à autres.
« Fireheads », morceau d'ouverture, est une très gentille chanson pop, trop gentille même, et un peu chiante, avouons le bien, et cela ne remet pas en cause la qualité générale de ce quatrième opus. Le second titre déjà, « Me and Armini », est plus travaillé. Toujours un côté pop prédominant, auquel viennent s'ajouter quelques guitares frisant l'électrique et une rythmique reggae-pop plutôt sympathique. Ce type de rythmique est réutilisé sur « Heard it All Before », sorte de trip-hop non-planant.
Avec ces morceaux rythmés, qui parfois réveillent, contrastent d'autres, tels « Birds », ses arpèges de guitare, et sa mélodie calme, jolie, sans être exagérée. Emiliana Torrini est particulièrement à l'aise dans ce registre à mi-chemin entre pop et folk. Des mélodies à faire pâlir d'envie les plus grands groupes compositeurs de ballades rock, et des arrangements tantôt minimalistes (« Hold Heart » et sa guitare hispanisante, ou encore « Bleeder »), tantôt plus travaillés, voire énervés : Emiliana Torrini pratique avec aisance la retenue (« Gun », un rock bancal et bridé, en est le parfait exemple), mais aussi l'electronisation Jungle-Rock lorsque cela s'avère utile ( « Jungle Drum»).
Clairement, sincèrement et sans hésiter, Emiliana Torrini nous livre ici un album aux multiples saveurs. Sachant aussi bien concocter ballades folk, tubes pop ou morceaux électriques, l'islandaise use et abuse de ses talents d'auteur, compositeur, interprête pour nous servir un petit voyage musical prêt à l'emploi, de par son accessibilité, mais pas préfabriqué pour un sou.
Par Womanos.
The Notwist – The Devil, You + Me
TRACKLIST
01. Good Lies
02. Hands on Us
03.
Boneless
04. On Planet Off
05. Sleep
06. Gravity
07. The
Devil, You + Me
08. Alphabet
09. Gloomy
10. Where in the
World
11. Gone Gone Gone

Découvrez The Notwist!
Le MangeDisque aime bien suivre à la loupe les artistes dont il a chroniqué un album. Et il se trouve que le groupe allemand The Notwist, sort son nouvel album «The Devil,You + Me», alors même que nous avions déjà chroniqué «Neon Golden» !
« Néon Golden » justement, sorti il y a déjà six ans, n'a toujours pas pris une ride. L'auditeur que je suis se demande donc quelles surprises nous ont réservé Markus Acher et sa bande. En réalité, il n'y a aucune petite surprise spéciale : The Notwist continuent de créer comme ils savent le faire, sans vouloir sans arrêt faire la course à l'innovation sonore. Se contenter du nécessaire : Onze titre indie-pop de grande qualité, saupoudrés, ça et là, de quelques grains d'electro.
Ainsi, le premier titre, « Good Lies » est typiquement dans le moule indie-pop, ne s'embarrasse pas de la sacro-sainte inventivité, et nous livre finalement un joli morceau, fort réussi, nous rappelant parfois à nos bons souvenirs de Sparklehorse ! Chez The Notwist, on sait que l'electro tenait une part importante de leurs compositions jusque là. « Néon Bible » n'était certes pas surchargé de sonorités électroniques, mais leur utilisation délicate les rendait encore plus merveilleuses. Osons la question « Que faire après « Néon Golden» »?
«The Devil, You + Me » me répondrez vous insolemment Et effectivement, cette réponse est tout à fait juste, puisque le groupe a eu l'excellente idée d'utiliser avec plus de parcimonie encore, et surtout différemment, sa palette electro ( On la retrouve dans la rythmique de « Where in the world cependant). Au lieu de ça, The Notwist revient à la source. Les guitares claires sont de retour pour un court album, mélancolique à souhait ; de ces albums qu'on écoute aujourd'hui encore, cloîtrés dans nos chambres, ces dimanches ensoleillés d'automne (snif !). Comme « Néon Golden » auparavant, «The Devil, You + Me » vogue à plein régime vers un spleen de prime abord apaisé, mais en réalité rugissant (« Hands on Us », « Alphabet »).
«The Devil, You + Me » est loin d'être ridicule, et même lorsqu'on le compare à ce grand album qu'est « Néon Golden », il garde le torse bombé. The Notwist n'ont pas tant changé que ça, mais leur capacité de créer des morceaux tels que « Gone Gone Gone » pour conclure un album, justifie à elle seule leur présence. Certes, The Notwist n'ont rien d'un Rock Band, mais à l'inverse, ils ont tout d'un Spleen Band, et c'est au moins tout aussi remarquable.
18 septembre 2008
Zach Hill - Astrological Straits
TRACKLIST
01 Iambic Strays
02 Toll Road
03 Street People
04 Dark Art
05 Keep Calm and Carry On
06 Hindsight Is Nowhere
07 Ummer
08 Stoic Logic
09 Uhuru
10 Momentum
11 Unseen Forces
12 Tick On
13 Astrological Straits

Découvrez Zach Hill!
On savait le label Anticon de plus en plus éclectique, se tournant progressivement vers des horizons musicaux plus variés, mais toujours originaux. La sortie du premier album solo de Zach Hill (Hella, Holly Smoke...), musicien, batteur et artiste graphique, sur le label à la fourmi confirme cette idée. Plutôt issu du Math-Rock voire du Metal que de la mouvance hip-hop, Zach Hill sort en cette rentrée 2008 « Astrological Straits », que l'on pourrait qualifier, par moments, de metaléctronica expérimental (pompeux et inexact j'en conviens).
Si l'auditeur habitué au label Anticon sera ici franchement dérouté, Zach Hill est cependant tout à fait à sa place chez Anticon, et fait montre d'une grande inventivité pour se positionner dans un rôle de défricheur de tendances musicales. Il y a beaucoup de choses à dire à propos d'« Astrological Straits », non seulement parce qu'il dure une bonne heure, mais aussi parce que Zach Hill arrive en boulimique du remplissage sonore (« Hindsight is nowhere » : du silence, que diable !).
Surdoué de la batterie et de la rythmique en général, le californien est capable de créer des rythmes aussi divers que brillants. On pense notamment à l'omniprésence de batterie et de percussions sur « Toll Road » ou encore « Street People ». Cette omniprésence que je viens d'évoquer, devient vite insupportable, dès lors que les nuages sonores sont eux aussi ininterrompus ! Le morceau devient alors un gros fouillis, pas très cohérent, et dont le seul but semble être de monter sur un piédestal le jeu de baguettes de Zach Hill (« Uhuru »).
Vu comme ça, l'album n'attire que très peu. Vous auriez cependant tort de vous en priver puisque je n'ai pas encore évoqué le meilleur ! Zach Hill sait en effet se montrer fin mélodiste et compositeur. Lorsqu'il met de côté quelques uns de ses travers, semble-t-il hérités du metal, il se met à créer de petites perles inespérées de pop bruyante, tels que « Stoic Logic », mais aussi « Dark Art » (remarquable par la relative discrétion de la batterie !). « Astrological Straits », qui fait office de conclusion nous laisse espérer un meilleur second album : Le morceau, plus proche d'un metal-rock « classique » relève le niveau avec sa bonne dose de mélodie et de guitare saturée, dont on avait fini par oublier le son tant cette heure de batterie était éprouvante.
Que dire en conclusion, si ce n'est que ce premier essai de Zach Hill est loin d'être parfait? On ne peut pas remettre en cause les grands talents du bonhomme, qui sait, ça-et-là, faire preuve d'un certain génie. Malheureusement, ces coups d'éclair sont trop sporadiques, et finalement, on finit par se dire qu'un EP aurait peut-être suffit !


